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Aujourd’hui, de n’importe quelle manière,1 personne sur 3 s’est déjà faite harceler/agresser sexuellement.

Découvrir

Si de nos jours la parole des victimes se libère de plus en plus grâce au réseaux sociaux, au phénomène du #balancestonporc et #metoo, il fût un temps où elles n’avaient pas le courage de parler de ce qu’il leur était arrivé.

#Le but du projet

Ce projet a pour but de présenter plusieurs témoignages afin de libérer la parole des victimes qui n’osent pas parler de ce qu’elles vivent/ont vécu. Il est important de montrer que ces phénomènes arrivent plus souvent qu’on ne le pense, et à des personnes que nous connaissont peut-être de loin, ou de très près.

J’ai espoir également que tous ces témoignages puissent aider certaines personnes à comprendre que leur comportement peut être problématique si elles n’en sont pas conscientes.

Il est important que les vicitimes comprennent qu’elles ne sont pas seules et que ce qu’elles vivent n’est pas normal, que certains gestes du quotidien, qu’on a tendance à banaliser, sont en fait des agressions sexuelles, harcèlements et parfois même des viols.

#Ça touche qui ?

Combien de personnes disent avoir déjà été victimes d’agressions/harcèlements sexuels ?

schema1 schema1 38,4 %

Combien de personnes disent ne pas être certaines d'avoir déjà été victimes d’agressions/harcèlements sexuels ?

schema1 schema1 16,5 %

Combien de personnes disent ne pas avoir déjà été victimes d’agressions/harcèlements sexuels ?

schema1 schema1 48,9 %

Et...

66 %

des personnes intérrogées connaissent quelqu’un qui a déjà été victime d’agressions/harcèlements sexuels

#Leurs histoires

Agression sexuelle par un camarade de classe lors d'une soirée lorsque j'avais 16 ans.

J'avais trop bu et j'étais presque inconsciente. Je ne me souviens de quasi rien si ce n'est l'avoir empêché de me pénétrer et le sentiment de saleté et de honte intense les mois suivants.

J'ai toujours du mal à mettre des mots sur ce qui m'est arrivé. Peut-on qualifier ça de viol puisqu'il n'y a pas eu pénétration ? Une part de moi me dis que j'ai raison de l'avoir mal vécu, une personne qui a trop bu ne peut pas etre consentante... l'autre part se demande à elle-même si elle n'en fait pas des caisses pour rien ? Si ça tombe sur le moment j'étais consentante. Mais pour le savoir il faudrait que je puisse me remémorer plus que de simples flashbacks de ce moment...

Mon amie travaillait et son patron a fait de l’abus de pouvoir sur elle. Il l’a bloquée dans un coin en lui disant qu’il allait la « baiser ».. Il lui a fait plusieurs fois des attouchements. Jusqu’au jour où pendant un repas de boulot, il a réussi à lui mettre une saloperie dans son verre.

Il s’est fait passé pour un gentil patron qui allait la reconduire chez elle.. il a abusé d’elle à plusieurs reprise.. le lendemain quand elle s’est réveillé, il n’y avait personne et elle avait des traces de rapports sur elle et ses vêtements. Elle ne se souvient pas de grand chose exactement, elle a des flashs parfois.

J'avais 19 ans, j'étais en couple depuis 10 mois. Un soir chez des amis nous avions bu, mon compagnon un peu trop. On dormait sur place et au moment de s'endormir, il a voulu faire l'amour et je ne voulais pas. Il est quand même rentré en moi alors que je pleurais et je le suppliais d'arreter.. Il me disait qu'il pouvait pas s'en empecher, qu'il ne pouvait pas s'arrêter et que c'était parce que j'étais trop belle et que je l'attirait trop. Après quelques minutes, j'ai cessé de lutter. J'ai laissé les larmes couler et j'ai simplement attendu que ce soit fini.

D'autre fois aussi, ça m'arrivait de me réveiller alors qu'il commençait à me pénétrer. Il prenait la décision de coucher avec moi alors que je dormais et commençait déjà avant même que je sois réveillée complètement. Grâce à des amis, j'ai reussi à le quitter et à m'en défaire. J'ai su par après que c'était un pervers narcissique.

Je me souviens d'une balade nocturne et une bande de jeunes en voiture ont commencé à me klaxonner et hurler des insultes à tendances sexuelles. J'ai fait mine de ne rien entendre et de ne pas leur prêter attention. Ils se sont garés, ils sont descendus. Ils étaient quatre. L'un d'eux m'a prise par l'épaule et a voulu entamer une conversation à sens unique; il proposait de passer du bon temps et j'ai refusé en répondant simplement un "non". Il s'est énervé et m'a plaqué contre le mur. Ses amis sont arrivés pour l'aider et j'ai eu droit à des mains mal placées.

J'ai commencé à hurler après de l'aide, j'avais vu quelques passants mais personne n'est venu. Je m'en suis sortie en sortant un couteau et une bombe lacrymogène. Ce n'était pas la première fois que je subissais une agression de ce genre et je sors très rarement sans avoir de quoi me défendre.

Le plus dur est lorsque j'ai raconté ceci à mon copain de l'époque, il m'a répondu " Tu n'avais pas qu'à sortir aussi tard et seule ".

En ce moment j'ai 25 ans. Quand j'ai été harcelée sexuellement pour la premiere fois j'avais 9 ans.

Des garçons de ma classe m'ont coincée dans un coin, me touchaient aux zones intimes et essayaient de soulever mon pull. Je me débattais violemment en balançant mon sac a dos contre eux pour les repousser. Notre instituteur arrive dans le couloir et me puni moi pour comportement violent envers ces garçons sans essayer de comprendre que je me défendais seulement.

J'avais à peu près 19 ans à l'époque, j'étais au début de ma vie sexuelle active. Premier copain, premiers rapports. Il a toujours été très prévenant et respectueux avec moi, sauf une fois. Le problème avec cette fois-là, c'est qu'elle a déterminée tout le reste de ma vie sexuelle avec ce garçon, et malheureusement sans mon consentement.

On sortait depuis quelques mois ensemble, après plusieurs mois de vie sexuelle de plus en plus épanouie et toujours en utilisant la capote (j'avais toujours été très sérieuse avec ma santé jusque là) arrive un problème de stock, plus de capote. J'ai refusé de poursuivre ce qu'on avait commencé ce jour là, j'ai dit 3 fois que je ne voulais pas continuer, mais pour lui c'était trop tard, je l'avais "trop chauffé" puis "c'était mieux sans de toute façon" et nous étions dans une relation de confiance et sérieuse. À mon 3ème refus et à son troisième argument, j'ai cédé. J'étais déjà très gênée au premier refus alors au troisième j'ai laissé tomber.

Dans la forme je comprenais et acceptais ses arguments mais dans le fond j'étais vraiment dépassée. Cette fois-là a marqué le début de notre "consentement mutuel à le faire sans protection". Je n'ai plus jamais rien dit. Je suis devenue consentante par habitude, j'étais consentante parce que pour moi le mal était fait, si je devais être contaminée c'était déjà fait, alors pourquoi l'obliger a rendre l'acte moins agréable pour lui ? Je n'y ai plus pensé après quelques semaines et on a continué notre petite vie de couple comme si de rien n'était.

Je me souviens juste m'être sentie mal, pas sale ni violée, juste aussi conne que si j'avais prit la première seringue trouvée dans la rue pour me la planter directement dans le bras. J'ai risqué ma précieuse santé par peur de le perdre, paraître frigide ou sans aucune confiance envers lui. Cette relation a durée 3 ans et il n'en a jamais rien su.

Voila ma petite histoire, je suis totalement consciente qu'il y a bien pire que moi, mais je trouvais ça intéressant de partager sur le consentement au sain du couple et sur ce que cela peut engendrer de ne pas le respecter.

J’ai 20 ans mais cela se passait quand j’avais 17/18 ans. J’étais en couple avec un garçon de mon âge, mon premier copain, qui voulait sans arrêt avoir des rapports sexuels, ce qui m’épuisait et me dégoûtait totalement du sexe. Je lui disais que je n’en avais pas envie mais il me suppliait. De même, j’ai fais ma première fellation avec lui mais sans vraiment en avoir envie. Là encore c’est parce qu’il m’a supplié et je n’ai jamais pris aucun plaisir à le faire, je me sentais honteuse.

Un jour, j’étais tellement «irritée» à force d’avoir des rapports sans arrêt que j’en ai saigné. J’ai pris rdv chez ma gynécologue tellement j’avais mal et elle m’a prescrit un traitement cicatrisant. J’ai donc demandé à mon copain de me laisser cicatriser et guérir avant de recommencer à faire quoi que ce soit. Il a accepté jusqu’à 4 semaines plus tard, et encore, chaque jour il exigeait que je lui procure « sa dose ». J’avais toujours terriblement mal dès qu’il me touchait, pour dire je ne savais même plus mettre un tampons. Mais il me suppliait tellement que j’ai fini par céder et je l’ai laissé me faire l’amour. Les larmes coulaient sur mes joues, je pleurais en silence tellement j’avais mal. Ça a duré au moins 30 minutes et même en voyant mes larmes de douleur et de haine il ne s’est jamais arrêté.

Depuis je l’ai quitté mais je suis totalement dégoûtée du sexe de quelques manières que ce soit. Quand je suis au lit avec quelqu’un, j’en ai envie et je suis excitée mais dès qu’il y a pénétration j’ai mal.. Je pense que c’est psychologique car tout est normal. Je suis incapable de prendre à nouveau du plaisir. Ce mec m’a pourri la vie.

C’était un très bon ami à moi à l’époque de mes premières années de secondaire, avec qui je rigolais très souvent.

Plusieurs fois de suite, en me disant bonjour, il a passer sa main contre mes parties intimes en me caressant de façon très marquée jusqu’à remonter sur mon ventre. Il faisait ça en rigolant, l’air de rien collé contre moi, et me demandait comment j’allais en même temps.

J’avais 14 ans. Ca s’est passé et je n’ai jamais oser rien dire car je me disais que dramatisais trop. Aujourd’hui j’y pense encore parfois en me disant que j’aurai du réagir.

#En parler ?

Il est important aujourd’hui que la parole des victimes soit entendue. En parler, c’est libérer son mal-être, dénoncer les faits qui se sont produits, avoir l’occasion d’être soutenu et inciter d’autres victimes à elle aussi parler de leur ressenti afin qu’elles comprennent qu’elles ne sont pas seules.

#Où trouver de l'aide ?

Le CLASCHES, collectif de lutte contre le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur, est une association féministe ouverte à l’ensemble des étudiant·e·s, doctorant·e·s, enseignant·e·s et/ou chercheur·e·s et personnels BIATSS.

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Violencessexuelles.be est un site où vous pouvez trouver des informations sur le consentements, de l’aide en tant que victimes, amis, familles etc. Vous trouverez aussi de l’aide sur les démarches à effectuer pour porter plainte ainsi que les centres de prise en charge vers lesquels vous pouvez vous tourner.

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Le CNIDFF et le réseau des CIDFF sont fortement investis dans la lutte contre les violences sexistes. Cet investissement se décline localement par la mise en œuvre d’actions en direction des femmes, des professionnels et du grand public. Le CNIDFF est membre du Conseil national de l’aide aux victimes.

#Remerciements

Ce n’est pas un sujet évident à aborder, mais nécéssaire.

Je remercie toutes les personnes ayant répondues à mes questions, et qui ont eu le courage de me/nous raconter leurs histoires. Il est important qu’elles se fassent entendre.

Vous pouvez retrouver toutes mes démarches, méthode de travail ainsi que des informations sur moi ci-dessous.

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